Journal d'une confinée

Journal d’une confinée #31 : coiffeur, s’il vous plaît !

Jeudi 16 avril

Confinement : J31 // Ressenti : aussi long qu’une haie à couper

@ Photo libre de droits -Nick Demou

Cher corona,

Fallait bien que ça arrive à un moment ou à un autre. Et c’est arrivé ce matin. Monsieur était là torse nu dans la salle de bain, un peigne à la main, le regard fixé sur moi. Il faut dire que ça faisait un moment que ça me pendait au nez. Je le voyais bien, j’avais déjà prévu le coup. Et c’est après un mois de confinement qu’il m’a posé la question. Quelle question ? Ben, cette question, ces cinq petits mots tant redoutés, ces cinq petits mots que je n’avais pas envie d’entendre :  

« tu me coupes les cheveux ?».

Si j’avais pu m’enfuir en courant, je l’aurais fait. Mais, en période de confinement, le plus loin où je peux aller, c’est au bout du jardin et j’étais encore en pyjama (oui, c’est devenu ma tenue officielle de confinement). J’ai fait la sourde oreille, j’ai argumenté (« si, si, les cheveux mousseux, c’est à la mode ! »), j’ai prié le dieu des coiffeurs, j’ai même prouvé qu’il pouvait le faire lui-même (« si tu mets tes bras comme ça, tu peux atteindre l’arrière de ta tête, non ? ») … Rien n’y a fait, j’ai dû y couper.

Sans conteste : être coiffeur, c’est un vrai métier, mieux un art. Et ce n’est pas le mien. Parce que s’il y’a bien deux choses que je déteste faire dans la vie, c’est repasser le linge et couper les cheveux.

Il suffit de voir l’état de ma chevelure, je ne suis pas très copine avec les mèches folles. Quant à mes filles, elles rêvent d’avoir des tresses comme celles sur la tête de la Reine des Neiges et des copines. Raté ! Et bien sûr, alors que tout le monde a un mari qui se dégarnit, le mien a toujours une belle toison, qui, une fois longue, flirte plus avec la coupe Playmobil que la coupe de Brad Pitt dans sa période Légendes d’automne (t’as l’image ?).

Bref, la dernière fois qu’on a tenté l’expérience de la séance coiffure à domicile, c’était l’année dernière. J’avais failli lui trancher une oreille, le rendre chauve à vie et à un cheveu de divorcer. Pour avoir la paix, on avait fini par tout raser et on s’était promis de ne jamais reproduire cette expérience sans professionnel à la maison au nom de notre équilibre marital.

Mais monsieur est un têtu. Voilà qu’il a sorti la bête : une belle tondeuse avec sabot, trois vitesses, trois niveaux de coupe et facile d’utilisation. Et ça, ce n’est pas lui qui le dit, c’est la boîte. Voilà qu’il s’est installé : le mariage donne vraiment une confiance déconcertante. On s’est rappelé les quelques règles d’usage : 5 millimètres au-dessus et un peu plus court sur les tempes. J’ai prié le dieu des coiffeurs, croisé les doigts d’une main et fermé les yeux.

Premier coup de sabot juste question de faire les pointes. Fini ! « Euh… tu n’as rien coupé », a répondu Monsieur perspicace. Deuxième coup de sabot. « Tu n’as toujours rien coupé », a répondu Monsieur agacé. Ni une, ni deux, je lui ai empoigné la tête et fait une belle tranchée au milieu du crâne. Content ? « C’est trop court », a-t-il répondu honnête. S’il avait continué, ce n’était pas que les cheveux que je lui coupais.  

J’ai pris mon courage à deux mains et continué ma coupe de printemps. Il faudrait peut-être que j’ouvre les yeux, non ? Ah non, j’ai vu sa tête pas satisfaite. Il fallait dire que maintenant sa coupe faisait penser à celle du chef dans la série NCIS : long dessus, court sur les côtés. Mais pourquoi ai-je dit oui ? Et l’improbable devint probable : paf, le sabot s’est cassé ! Ah, on est loin des beaux messages sur la boîte de la tondeuse dernier cri.

J’ai vu à sa tête déplumée qu’il n’était pas content. J’aurais bien voulu le laisser comme ça, mais monsieur est le seul de la famille qui sort à l’extérieur.  À la guerre comme à la guerre, j’ai essayé de me débrouiller sans le sabot. J’ai pensé à cette fois où j’ai taillé la haie toute seule. Et voilà, fini, et la coupe est plutôt réussie, si on est fan de médiéval. Finalement, monsieur a passé la matinée à égaliser les côtés n’osant plus rien me demander. Et quand il est descendu et a vu mon sourire moqueur, il a crié « oh, ça va, on s’en fout, ça va repousser ! ». Je pense que je suis tranquille jusqu’au prochain confinement… Fallait bien que ça arrive à un moment ou à un autre.

La rédac' en basket

hello@laredacenbasket.fr

Commentaires



Aude
17 avril 2020 à 21 h 44 min

C’est celui-ci qui m’a fait le plus rire avec le pull Nasa et la sortie de poubelles.
Nous aussi l’expérience coiffeur a été réalisée mais mon homme s’en fout complètement, c’est sa fille qui a commencé le carnage. J’ai du finir et maintenant que cela repousse on dirait un épouvantail. Mon plus petit, Scott, me demande de lui couper les cheveux. Hors de question, je ne suis pas coiffeuse et franchement pour moi, ce n’est pas une priorité dans la vie.
Tes mèches folles tu les as depuis que je te connais. Je te vois encore essayer de les remettre en place derrière tes oreilles.
Merci pour ces instants de lecture. Prends soin de toi et de ta famille.



    Céline
    20 avril 2020 à 18 h 57 min

    Merci beaucoup. Et oui, j’ai toujours mes mèches folles. L’avantage de l’âge, j’ai abandonné l’idée d’essayer de les dompter. T’as raison, big up à tous les coiffeurs !



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