Journal d'une confinée

Journée d’une confinée #3 : la guerre des parents

Jeudi 19 mars – à la maison (encore et toujours)

Confinement : J3

Ressenti : 300 millénaires

Cher corona,

T’es content d’avoir mis le bordel dans ma vie ? Quand le président a dit que nous étions en guerre, je ne pensais pas à cette guerre-là. On est en guerre. JE suis en guerre, en guerre contre mon autorité parentale.

8h30 : plan de bataille ok. 1 séance = 1 timing = 1 leçon. Tout est noté, j’ai même fait un joli planning accroché au frigo. Aujourd’hui c’est littérature, tableau de mesures et manipulation. En parallèle je termine un projet. Facile ! Les profs ont été clairs, merci à eux !

9 heures : motivation des troupes. Je fais semblant de ne pas entendre ma fille qui me demande déjà quand est la récré dans le jardin.  Chacun a l’air amusé de faire l’école à la maison, moi la première. Etre prof, c’est peut-être mon truc finalement.

10 heures : premier constat. Quoi déjà 10 heures ?! Je me rends compte que nous sommes qu’aux premières questions, l’une a sa tête des mauvais jours et je n’ose pas regarder ce qu’il reste à faire. L’autre m’a déjà posé quinze fois la même question et a des problèmes de crayon. La petite réclame La Reine des Neiges, « allez maman s’il te plaît ! » Et je n’ai pas bossé. Il est loin mon plan de bataille et je commence à maudire le programme scolaire !

12 heures : enfin la pause du repas. C’est meilleur qu’à la cantine, ouf ! Un point pour moi !

14 heures : motivation des troupes. Vu le regard des filles, je sens que l’après-midi va être longue. Chacun en a marre de faire l’école à la maison, moi la première. Etre prof, ce n’est peut-être pas mon truc finalement !

15 heures : mode commando. La petite, qui ne veut plus faire la sieste, a décidé qu’elle ne ferait pas des bâtons mais des ronds et préfère la Reine des Neiges « allez maman s’il te plaît ! ». Une jumelle pleurniche parce que « la maîtresse, elle n’explique pas comme ça », l’autre me lance des SOS « normalement à cette heure-là, l’école c’est fini ? ». Je prie le dieu des écoles.

16 heures : repli des troupes. J’ai de l’encre sur les doigts (« c’est vrai qu’il ne fonctionne pas ce stylo »), fait 15 croquis du tableau de mesures, rattrapé la petite sous la table, réutilisé un compas, rattrapé la petite sur la table, perdu 30 fois mes nerfs (« non, l’école, ce n’est pas fini ! »). Résultat : tout le monde est dans le jardin et chante à tue-tête La Reine des Neiges. Franchement, on est sûr que c’est si important de savoir dessiner un triangle ?

20 heures : repos du guerrier. Au moment de se coucher, ma fille me chuchote : « tu sais, c’était quand même rigolo de faire l’école à la maison ! ». Je me dis que sans elles, ça serait quand même vachement ennuyant. Merci alors pour tout ce bordel dans ma vie !

Dédicace à tous les parents qui travaillent en mode commando sur le terrain.

La rédac' en basket

hello@laredacenbasket.fr

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