Journal d'une confinée

Journal d’une confinée #54 : c’est moi qui fais

Samedi 9 mai

Confinement : j54 / ressenti : ça vient bon

@Céline Plunian

Cher corona,

S’il y’a bien un truc plus périlleux que le confinement, la crise ou la continuité pédagogique, c’est de faire la cuisine avec des enfants. Dans mon élan de mère (presque) parfaite, je me suis dit qu’on devait faire un gâteau pour célébrer le dernier week-end de confinement. À ces mots ne se sentant plus de joie, les filles n’ouvrirent pas un large bec, mais mirent leur tablier en deux temps, trois mouvements. Aux quelques taches de chocolat de la dernière bataille qui parsemaient le joli tissu, j’aurai dû me méfier.

Rapidement, je me suis trouvée encerclée de trois petites têtes blondes aux yeux plus gros que le ventre. Ce qui équivaut à 6 petites mains touche-à-tout pleines de bonnes volontés. Je l’ai joué simple en optant pour une recette efficace : le clafoutis aux pommes de ma grand-mère. Cette recette familiale, je la garde sur une fiche écrite de mon écriture ronde de mes 8 ans. Des petites madeleines de Proust, j’en ai une liste aussi longue qu’une phrase proustienne. Et ce sacré clafoutis en fait partie.  

Première étape : mélanger les ingrédients. Les filles sont hyper motivées. De mon côté, je me casse la tête, car pas facile de partager une recette en trois actions équitables et accessibles à toutes. Tiens, cela ferait un super énoncé de problème de maths : « une maman a trois enfants, quatre étapes de recettes et trois enfants de niveau différent. Combien de fois maman va entendre « et moi, et moi… Je n’ai rien fait, c’est moi qui fais ! » ? Face à leur mine déconfite, la solution a été vite trouvée : une pèse, une verse, une mélange. « Mais qui cassent les œufs ? », me demande la plus grande. Je ne sais pas, mais la petite est déjà en train de goûter. Je croise les doigts pour qu’il en reste encore dans le plat.

Deuxième étape : couper les pommes en morceaux. Les filles sont hyper motivées. Les plus grandes s’appliquent à couper, et la petite s’applique à alterner un morceau de pommes dans la pâte et un morceau de pomme dans la bouche. « Promis, nous, on n’en mange », me répondent-elles en cœur les plus grande la bouche pleine. Je croise vraiment les doigts pour que ce clafoutis aux pommes n’en ait pas que le nom.

Troisième étape : cuire le clafoutis. Opération délicate : trois paires d’œil m’observent attentivement. Ça me fait marrer de me dire – ou de croire – que pour la plus petite je suis une magicienne. Quant aux plus grandes, elles ont les yeux rivés sur le four. C’est ce qu’on doit appeler « dévorer des yeux », je croise les doigts pour qu’il en reste un peu pour tout le monde.

Quatrième étape : débarrasser. À la montagne de vaisselles dans l’évier et les taches de pâte sur les petits tabliers, je me dis que la machine à laver et le lave-vaisselle vivent vraiment leur plus belle vie en ce moment.

Bon, je t’épargne la dernière étape, celle de la dégustation. Le clafoutis aux pommes est un vrai régal. Un vrai régal comme dans mon enfance, mais avec notre petite touche à nous. Les filles sont ravies : « c’est nous l’avons fait ! ». « Non, c’est maman aussi », a répliqué la petite. Finalement, s’il y’a bien un truc de périlleux, mais non moins merveilleux, c’est de faire la cuisine avec des enfants, non ? Et cela vaut bien une montagne de vaisselle, sans doute.

La rédac' en basket

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