Journal d'une confinée

Journal d’une confinée #55 : Jumanjiiiiiiii

Dimanche 10 mai

Confinement : J 55 / ressenti : indéfini

@Céline Plunian

Cher corona,

Aujourd’hui est le dernier jour de confinement. Demain est le début du déconfinement. On termine un cycle, on en entame un nouveau, c’est comme ça. On apprend de nouveaux mots aussi avec cette crise, parce que le mot « déconfinement », je ne connaissais pas.

J’ai mis du temps à écrire ces quelques lignes. Peut-être parce que je ne sais pas trop quoi dire, peut-être parce que ce déconfinement, je n’arrive pas trop à m’en réjouir. J’avoue : je ne sais pas si c’est une bonne ou une mauvaise chose. L’avenir nous le dira.

En tous cas, c’est peut-être la dernière fois que je te parle directement, mais ce n’est certainement pas la dernière fois que j’entends parler de toi. Tu es toujours là imprévisible et franchement emmerdant. Il paraît qu’il faut apprendre à vivre ainsi. Mais pour quelqu’un d’invisible, tu en prends de la place.

Le journal d’une confinée se termine là. J’espère qu’il n’y aura pas de tome 2, mais plutôt un guide du déconfinement +++++. Il a fallu attendre 55 jours pour que je comprenne cependant le truc :

« y’a un mec qui a commencé une partie de Jumanji ! »

J’étais là assise avec les filles à lancer des dés défis pour éviter une attaque d’araignées géantes (ceux qui ont le jeu comprendront !), jusqu’à ce que je m’esclaffe (oui moi je n’exclame pas, je m’esclaffe, ça fait plus de bruit !) : « mais oui, mais c’est bien sûr, y’a un mec qui joue à Jumanji ».

Je ne sais pas si tu connais, mais Jumanji est un film sorti tout droit de mon enfance. Rapidos, je te fais le topo : Jumanji est un jeu très ancien où chaque jeté de dé a une conséquence dans le monde réel. Du coup, il arrive des tonnes de mouises aux héros : disparition dans la jungle, troupeau de rhinocéros, chasseur tueur d’hommes, crocodile, moisson… Bref, jouer au Jumanji te fait prendre des risques.

Bien sûr, les filles ont le jeu. La première fois qu’elles ont ouvert la boîte, je suis sûre que dans leur tête elles entendaient le tam-tam maléfique du Jumanji. Au premier jeté de dé, ma fille m’a jeté un coup d’œil inquiet : « t’imagine que ça fasse comme dans le film ». J’ai rigolé. Oui, j’imagine bien.  J’ai l’impression de vivre dans une partie géante de Jumanji. Depuis le début de l’année (et si ce n’était que depuis ce moment), il faut avouer qu’on multiplie les mouises : inondations, incendies, intempéries, sécheresses, virus mondial… Et tout ça un peu partout dans le monde. Bon, vu le nombre de mouises, je me dis que le gars qui a commencé la partie est coincé dans la jungle et attend un double pour être libéré.

Bon, ce soir, je regarde Dirty Dancing… Quitte à se qu’un film se produise autant qu’il soit fait d’amour et de danse. Et vivement que la partie soit finie et qu’on crie tous ensemble : jumanjiiiiiiii !

La rédac' en basket

hello@laredacenbasket.fr

Commentaires

Isabelle
20 mai 2020 à 8 h 55 min

Bravo , on attends le guide du deconfinement 😂



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